Que serait la vie insulaire sans les phares, ces repères maritimes qui parsèment avec grâce et authenticité les côtes ? Aux Îles de la Madeleine, ils font partie du paysage depuis le dix-neuvième siècle et ont permis d’éviter bien des naufrages dans cet archipel situé au cœur du périlleux golfe du Saint-Laurent. Grande amoureuse de ces porteurs de lumières, je n’ai pas manqué de les traquer lors de mon séjour aux îles, contemplant émerveillée leurs détails et cadres de rêves. J’ai été servie : les phares des Iles de la Madeleine comblant mes attentes à tous les niveaux.

Phares Iles de la Madeleine

Les Madelinots sont gâtés côté phares. On en dénombre en effet six d’une île à l’autre. J’ai eu le plaisir d’en admirer la moitié ; deux étant difficilement accessibles, ceux de l’Île Brion et du rocher aux Oiseaux, le troisième se trouvant sur l’île d’Entrée qui n’est pas reliée par voie terrestre au reste de l’archipel. Trois phares, c’est déjà beaucoup, surtout que chacun a son charme.

Phares des Iles de la Madeleine

Phare de l’Anse-à-la-Cabane

Phare de l'Anse-à-la-Cabane

Au sud de l’île du Havre-Aubert, érigé sur le littoral formé d’une falaise de grès rouge, le phare de l’Anse-à-la-Cabane est le plus ancien de l’archipel et aussi le plus haut. Il a été construit en 1870 et 1871 avec une tour en bois, peinte en blanc, haute de 17,1 mètres et coiffée d’une lanterne rouge au toit arrondi. Dernier dans le genre avec sa structure en bois longue et hexagonale qui fut délaissée dès 1871 pour un modèle de plan carré, on trouve également sur son site la maison du gardien et ses dépendances. Il devient automatisé en 1971, 100 ans et 3 gardiens plus tard, dont Edmond Boudreau, le tout dernier.

Son cadre est pour le moins bucolique avec les rouleaux de foin dans le champ qui l’entoure et les petites maisons colorées en arrière-plan. Doyen des phares des Iles de la Madeleine, il semble pourtant tout frais avec le rouge vif de sa toiture qui tranche si bien avec le bleu éclatant du ciel.

Autres noms :

Phare de Millerand Phare de l’île du Havre-Aubert Amherst Island Light

Phare du Borgot

Phare du Borgot

Sur la pointe du Cap Hérissé à L’Étang-du-Nord, le phare du Borgot a eu une histoire mouvementée. Construit à l’origine en 1874 avant d’être restauré en 1913,  il a été démoli en 1967 en faveur d’une tour métallique, elle-même remplacée en 1987 par le phare actuel. Simple avec sa tour de plan circulaire en plastique blanc et sa lanterne de plan octogonal, c’est un site d’observation privilégié avec une vue s’ouvrant sur la mer et toute la côte.

Entouré de falaises abruptes de grès rouge, sa situation est en effet exceptionnelle. On se croirait par moments sur mars, tellement ce lieu est surréel. Toute la côte se découpe à l’infini depuis ce point de vue ; les maisons typiques de l’archipel se fondant entre ciel et mer. L’herbe verte, le grès rouge, l’eau bleue, le ciel jonché de nuages moelleux… Ce fut l’un de mes endroits préférés des îles et je ne crois pas être la seule à l’avoir tout de suite adopté.

Parmi tous les phares des Iles de la Madeleine, les habitants comme les voyageurs l’aiment tout particulièrement en grande partie pour les réputés couchers de soleil qu’on peut y admirer. Une sérénité se dégage des lieux, une impression d’être au bout du monde qui incite à lâcher-prise devant tant de beauté. La perfection d’une carte postale qui prend vie.

Autres noms :

Phare du Cap-aux-Meules Phare de l’Étang-du-Nord

Phare du Cap Alright

Phare du Cap Alright

Phare emblématique de l’archipel sans cesse photographié, le Phare du Cap Alright situé à l’extrémité est de l’île du Havre-aux-Maisons a beau être le plus jeune et le plus petit de l’archipel avec une hauteur de 8.3 mètres, sa simplicité attire tout de suite le regard. Érigé en 1928 d’après le modèle en bois à base carrée et au volume pyramidal répandu dans le dernier quart du dix-neuvième siècle, son emplacement n’a pas été laissé au hasard. Les eaux du Cap Alright ont la réputation d’être très dangereuses. On en fait même mention dans les récits des navigateurs dès le seizième siècle.

Avec l’île d’Entrée en arrière-plan et le paysage escarpé qui l’entoure, tout le site du Phare du Cap Alright est à couper le souffle. Entre les cormorans alignés sur le rocher en forme de tête de cheval qui s’abreuve et la magnifique plage de l’Anse Firmin, le panorama est pour le moins spectaculaire. Là aussi, les rochers nous font imaginer formes et figures farfelues, comme ce visage d’homme qui semble être sculpté dans la pierre.

Autres noms :

Phare de l’Île-du-Havre-aux-Maisons Phare de L’Échouerie

Trois phares vêtus de blanc et de rouge, trois guides qui épousent le paysage madelinot, chacun ayant sa propre personnalité, à l’image des divers coins de l’archipel. Les phares des Iles de la Madeleine sont décidément photogéniques, atouts précieux de cet endroit déjà unique.

Un grand merci à Québec Maritime de m’avoir accueillie aux Iles de la Madeleine afin de découvrir leurs merveilles comme ces trois phares.

Crédit photo : Une Porte Sur Deux Continents

24 Commentaires

  1. Indissociables d’un paysage maritime, les phares sont le repère rassurant pour le regard. Les bons génies de la côte ! Ceux que tu nous montres sont très beaux, superbement entretenus et tellement photogéniques ! Merci pour ces belles photos qui me permettent d’oublier un instant notre grisaille ! Bon week end Nathalie Bisous

    • Une Porte Sur Deux Continents Répondre

      Des repères rassurants, tu as bien résumé. C’est bon de les voir le long du paysage maritime. Ceux des îles sont en effet ravissants. Décidément, cet archipel a tout pour lui ! Bisous et très bon week-end à toi aussi 🙂

  2. C’est magnifique !!! Tes photos sont extras, le paysage et la qualité. Tu avais vraiment beau temps, tant mieux car c’est encore plus beau quand le soleil se reflète sur toutes ces jolies choses.
    A bientôt, eloonly

    • Une Porte Sur Deux Continents Répondre

      J’ai eu de la chance en effet sur la météo pendant ces quelques jours de septembre ! À bientôt Eloonly 🙂

  3. J’adore les phares moi aussi et j’aime particulièrement ton expression « porteurs de lumière ». Ces paysages me touchent particulièrement, c’est tout ce que j’aime. Cette couleur ocre me surprend, moi qui suis habituée aux paysages bretons ! Tes photos sont magnifiques ! Bisous.

    • Une Porte Sur Deux Continents Répondre

      C’est très particulier en effet. Je crois que tu aimerais beaucoup. Bisous

  4. Dans « Lettre à un Otage », Antoine de Saint-Exupéry écrit: « Un phare ne mesure point l’éloignement. La lumière est présente dans les yeux, tout simplement. Et toutes les merveilles du continent logent dans l’étoile. » Les phares ont une signification particulière en ce qui me concerne, où qu’ils se trouvent, en Bretagne, à Cape Cod, dans le Maine… j’y trouve toujours une forme de « dialogue » avec eux. Il est vrai que j’ai quelques gouttes d’eau salée dans mon coeur et dans mes veines. Merci, chère Nathalie pour ce partage agrémenté d’images pittoresques et riches en couleurs. Belle Année 2018, que nos échanges perdurent…

    • Une Porte Sur Deux Continents Répondre

      Quelle belle citation de Saint-Exupéry ! Je comprends ton attachement, j’ai de plus en plus le même à force de découvrir les merveilles du Québec maritime. Très belle année 2018 ma chère Louise ! C’est toujours un plaisir d’échanger avec toi 🙂

  5. C’est tellement différent de chez nous – loin des foules et l’agitation ici dans le sud. Chaque région a sa beauté et vous savez très bien la montrer et la décrire !
    Bonne journée et encore une belle année

    • Une Porte Sur Deux Continents Répondre

      Un peu à l’écart des pics touristiques, c’est vrai que c’est toujours possible de trouver un coin rien qu’à nous dans tous ces beaux endroits. L’espace est si immense au Québec et au Canada. Très bonne journée à vous aussi et belle année 2018 ! ♥

  6. C’est très beau! Le décor se prête très bien à un paysage de livre. Tes photos me font penser au livre « La petite boulangerie du bout du monde  » de Jenny Colgan ou encore « Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates » d’Annie Barrows et Mary Ann Shaffer 🙂

    • Une Porte Sur Deux Continents Répondre

      Je ne connais pas ces livres, mais je les imagine fascinants, à l’image de ces phares. Heureuse de te les évoquer. 🙂

  7. Je n’ai malheureusement pas eu le temps d’y aller lors de mon trip au Canada, mais qui sait, peut être j’y retournerai un jour 🙂 En tout cas c’est très beau!

    • Une Porte Sur Deux Continents Répondre

      Elles se méritent ces belles îles, mais quelle belle découverte quand on en a la chance ! 🙂

  8. Je ne vais pas souvent en bord de mer, mis à part quelques voyages. Je n’ai jamais prêté attention aux phares. Peut-être n’ai pas vu de phares aussi beaux jusque-là. C’est d’une beauté simple, c’est drôle certains clichés m’ont fait penser à Wes Anderson. Toutes tes captures sont sublimes. Ces couleurs, ces textures, on entend presque le vent accompagné par le bruit des vagues et l’odeur du large. Que cela me fait du bien de revoir le Soleil et le ciel bleu. Bientôt une semaine sans avoir vu un rayon… Merci pour cette belle évasion. J’espère voir encore de jolis phares par ici.

    • Une Porte Sur Deux Continents Répondre

      Ils ne sont pas tous aussi beaux c’est certain. Une fois qu’on commence à les traquer, on peut devenir accro. J’ai cette passion aussi avec les ponts couverts. Beauté et patrimoine réunis. Je te souhaite d’en voir plein ! 🙂

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